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L'indépendance monétaire : bon ou mauvais choix ?

 

L'indépendance monétaire : c'est quoi ?

 

 

Tous les pays pour asseoir  leur politique économique s'appuient principalement sur deux piliers :

 

  • d'une part la politique budgétaire
  • d'autre part la politique monétaire

 

La politique budgétaire couvre toutes les actions et choix relatifs au budget voté pour un an par le parlement. Le budget comprend l'ensemble des recettes de l'état, auquel il faut ajouter dans certains pays (la France, par exemple) l'impasse budgétaire de l'année (le déficit).

 

La politique monétaire couvre toutes les actions qui ont pour vocation de défendre la valeur de la monnaie nationale  sur le marché des changes et ainsi garantir une relative stabilité financière de nos importations.

 

L'indépendance monétaire se caractérise par le fait qu'un pays à la main mise sur tous les choix possibles de cette politique...

 

Cette situation, d'indépendance monétaire, n'existe plus pour les dix huit pays de la zone Euro qui ont fait le choix de confier à la BCE (Banque Centrale Européenne), le pouvoir de défendre la valeur de notre monnaie commune : l'Euro. Mais elle n'existe pas non plus pour les pays en voie de développement.

 

 

En marge du débat, l'affaire Britannique

 

Ce dessin relatif au Brexit nous paraît particulièrement adapté à l'état d'esprit du citoyen anglais, convaincu que le Royaume Uni est éternel et saura, comme par le passé, traverser les crises. Or rien n'est moins sûr car "la donne" économique passée qui a permise à l'Angleterre d'atteindre sa grandeur actuelle, s'effrite rapidement.

 

Outre l'angle économique, il convient de prendre en compte l'évolution comportementale du citoyen planétaire qui ne "craint" plus l'empire britannique et surtout comprend qu'il peut lui aussi s'enrichir.

 

Enfin, les atouts qui ont fait la force des Anglais (et d'une manière générale des occidentaux) s'estompent progressivement (Savoir, technologie, Armées, Aura,...)

 

 

Le Royaume uni et la zone Euro

 

A la création de la zone, l'objectif recherché était de constituer une zone économique la plus intégrée possible pour défendre, en particulier face aux géants comme les USA, les intérêts des européens. le principe fondateur de cette zone (unique au monde) était de développer une intégration plus forte que dans le cadre d'un simple marché commun.

 

Opposés à cette perte progressive d'indépendance, les anglais défendaient au contraire l'idée d'un marché commun bien intégré (échanges facilitées au maximum), mais laissant à chaque pays son intégrité économique complète.

 

Contraint d'entrer dans l'Union en 1973, en raison d'une situation économique qui se dégradait, les anglais ont défendu becs et ongles, leur point de vue contre les fondateurs et ont donc logiquement refusés d'intégrer la zone euro à sa création. Nous avons alors assisté à la création d'une Europe à deux vitesses.

 

Précisons que la zone euro avait accepté la situation britannique, sous condition d'une intégration progressive du Royaume Uni  dans la zone monétaire, ce que ces derniers ont toujours refusé.

 

En un mot, deux visions de l'Europe s'affrontaient. Dans ces conditions le divorce (Brexit) devenait inéluctable.

 

La politique monétaire d'un pays réside dans la défense de la valeur de sa monnaie à l'international.

Le marché des changes actuel permet-il à chaque pays de pratiquer une politique monétaire indépendante ?

 

Les éléments du débat

 

Sur le papier, il paraît évident qu'un pays qui possède l'intégrité de sa politique économique est placé au mieux pour défendre ses intérêts. Hélas, les choses ne sont pas si simples...

 

Lorsque les Européens ont décidé de renoncer à leur monnaie nationale, ce choix ne fut pas sans douleur et il ne s'est fait que parce que les européens ont compris que s'était la moins mauvaise solution!

 

Pourquoi ?

 

Rappelons que la politique monétaire à pour vocation essentielle de défendre la valeur de la monnaie nationale vis à vis de l'extérieure. Or pour un pays qui souffre d'une situation économique difficile, c'est bien compliqué d'aller expliquer aux autres états que l'affaire va s'arranger rapidement et qu'ils peuvent continuer sans risque de perte  d'argent d'acheter la monnaie du pays concerné ou d'y investir (ce qui revient au même).

 

D'autre part, l'essentiel du commerce international se fait, et se faisait plus encore avant l'Euro, en Dollars. Dit autrement, le reste de la planète perd de l'argent lorsque le dollar fluctue à la baisse.

 

Il fallait un contrepoids puissant au roi Dollar et c'est cette idée, parmi d'autres, qui est à l'origine de la zone  monétaire Euro.

 

C'est donc aussi pour défendre leur intérêt commun - face au dollar - que les européens ont créer cette zone monétaire. Et dans l'esprit des créateurs, cette décision valait mieux que le maintien d'une politique autonome.

 

Sous cet angle, la zone euro est une réussite, puisque l'Euro est devenu monnaie de réserves internationales, à hauteur de 22% (montant fluctuant) du total des encours de réserves. D'autre part, sa valeur résiste bien - trop même selon certains - face au dollar.

 

Mais en contrepartie de cet avantage, pour les choix monétaires, c'est la BCE qui gouverne en zone euro.

 

 

 

L’Allemagne et la zone euro

 

Le difficile choix de perte d'autonomie monétaire, a poussé les Allemands à exiger d'une part que la BCE soit en Allemagne et dirigée par un gouverneur rallié aux idées allemandes en matière de politique monétaires (une monnaie forte) et d'autre part que les autres pays (d'abord la France) face un effort de rigueur monétaire avant d'entrer dans la zone euro.

 

Enfin, les critères d'entrée sont contraignants :

 

Dette total (au sens de Maastricht) < 60 % du PIB

et Déficit < 3% du PIB

(traité de Maastricht)

 

Ce traité a ensuite été renforcé, en particulier d'une règle déficit structurel limité à 0,5 % du PIB.

Notre avis

 

Il est épouvantable de voir sa souveraineté nationale s'affaiblir et les Anglais ne l'ont pas supporté. Quant aux Allemands, ils l'ont accepté avec des exigences très fortes.

 

Pour les Français, l'affaire nous apporte une monnaie forte et nous oblige à une rigueur monétaire qui n'était pas notre tasse de thé...

 

Un euro fort nous protège - au moins partiellement - des Aléas du dollar et nous permet d'acheter moins cher notre pétrole, ce qui est déjà une bonne affaire.

 

Mais surtout cette situation cache deux débats :

 

  1. un débat politique (indépendance ou non)
  2. un débat économique (monnaie forte ou faible)

 

Sur le débat économique, nous sommes pour une monnaie forte qui nous impose des efforts à court terme, mais qui "paye" à long terme.

 

Sur le débat politique, nous sommes prêts à parier que les Anglais vont regretter fortement d'avoir choisi leur indépendance.

 

 

 

Le dollar, un formidable outil de financement de l'économie américaine

 

 

Le Roi Dollar

 

En 1944 à la conférence de Bretton-Woods, les américains réussissent le coup du siècle : faire du dollar la monnaie de référence pour les paiements internationaux...

 

Après ce coup de génie, nous - le reste du monde - sommes devenus les financiers des besoins des américains, ce qui explique le niveau abyssal de leur dette (> 17 000 milliards de dollars). En théorie, dans l'hypothèse où les américains ne remboursent pas leur dette, la valeur de leur monnaie ne peut s'effondrer puisque tous les pays en détiennent pour acheter du pétrole qui se paye uniquement en dollar.

 

Il faudrait être fou furieux pour laisser un dollar que l'on a acheté cher perdre de la valeur et ainsi nous obliger à en acheter de nouveau pour avoir du pétrole...

 

Seuls les américains jouissent de cette situation économique fabuleuse, mais malsaine pour l'économie mondiale.

 

 

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