Formation et Conception

L'analyse d'une banque française

La banque : une activité spécifique

 

Comme n'importe qu'elle entreprise, la banque doit fournir des documents comptables. (le bilan , le compte de résultat et l'annexe).

Ceci d'autant plus que l'activité bancaire est très réglementée, afin d'éviter l'effondrement du système économique actuel dont la banque constitue la pierre angulaire.

Les autorités internationales ne cessent d'ajouter des contraintes réglementaires.

 

Ainsi depuis la crise de 2008, la réglementation dite de Bâle surveille le risque systémique.

 

La règle comptable

 

Comme elle travaille avec l'argent de tiers (ses clients), la banque possède une comptabilité adaptée à cette situation.

 

En effet, ce qui caractérise le bilan d'une banque réside dans l'absence d'un haut de bilan, au sens d'une entreprise non financière. Pour autant, la banque possède aussi des actifs immobilisés, mais les sommes en jeu représentent très peu dans le total du bilan et sont donc peu significatives.

 

C'est dans les dépôts de ses clients et les prêts des autres établissements financiers qu'une banque trouve l'essentiel de ses ressources.

 

A la lueur de cette présentation, on découvre que la banque transforme en permanence les échéances : Les dépôts souvent à court terme des clients peuvent devenir des prêts à moyen et long termes. La faible volatilité des dépôts, à court terme, permet à la banque de financer durablement l'économie nationale.

 

De même, s'agissant du compte de résultat, la banque ne possède pas de chiffre d'affaire, puisque son service rendu donne naissance à une marge nette (d'intermédiation ou de commissions).

 

Nous trouvons donc à la place du chiffre d'affaire, un Produit Net Bancaire.

 

Ajoutons que l'activité bancaire se caractérise par un risque inné attaché au métier de banquier, donc il convient d'isoler chaque année le coût du risque qui peut brutalement fluctué.

 

D'où un compte de résultat adapté à la situation.

 

La banque française : une banque universelle

 

Le bilan d'une banque française souligne sa place de banque universelle :

 

En effet les lignes principales sont , à l'actif, les créances sur la clientèle et les actifs financiers, au passif, les dettes envers la clientèle et les passifs financiers. Les créances sur la clientèle et dettes envers la clientèle trahissent la présence d'une banque de détail, alors que les actifs financiers et les passifs financiers soulignent une banque de financement et d'investissement (BFI).

 

Si le mécanisme de la banque de détail est connu de tous (on prête aux uns, l'argent des autres), celui de la BFI est plus obscur. Il s'agit pour la banque de s'investir dans une entreprise sous forme d'achat de capital le temps que l'entreprise réussisse son investissement. Les entreprises concernées sont donc comptabilisées au bilan sur le modèle d'une filiale minoritaire (actifs financiers). Bien sûr cette opération est limitée dans le temps et se dénoue par la vente des actions. L'entreprise bancaire tire son bénéfice de la plus-value réalisée à cette occasion. Si malheureusement, l'entreprise a fait de mauvaises affaires, le banquier dans le cadre de la liquidation est considéré comme un apporteur de capitaux et non un prêteur de deniers. C'est dire si cette activité est risquée.

 

Notons qu'en opposition avec une entreprise non financière, les valeurs immobilisées ou les capitaux propres sont en bas de bilan. En effet, leurs poids respectifs dans le bilan sont et seront toujours "faibles" au regard des dépôts clients ou des encours de prêts.

 

Le risque fonction inhérente au métier de banquier, est aussi présent à ce niveau. D'où la réglementation Bâle!

 

 

Le compte de résultat d'une banque présente les caractéristiques suivantes :

 

Pas de chiffre d'affaire hors taxe, en raison de la présence de charges dans le produit bancaire qui est donc net ! A noter, il n'y a pas de TVA sur les intérêts alors que les commissions sont soumises à la TVA (figurent à la ligne impôts et ici dans les charges administratives). Ce produit net bancaire qui remplace (un peu) la notion de chiffre d'affaire, permet de comparer les banques entre elles pour un poids de bilan équivalent, mais surtout pour une part de marché équivalente.

 

La part de marché est une notion clé dans la banque, puisqu'elle permet à la banque de dégager un PNB, mais aussi de mesurer son risque ( tous les marchés ne portent le même risque intrinsèque). Plus la part de marché est grande , plus la capacité de la banque à traverser une crise financière ou économique est importante. De même plus le marché est atomisé, plus le risque est dilué.

 

Traditionnellement dans la banque, le poids des charges de personnel est important et donc souvent les banques isolent ce montant. Sous le poids de l'industrialisation de la l'activité bancaire la part des charges administratives augmente. Elle est représentée, pour l'essentiel, par le coût informatique (hard et soft). Malgré des efforts considérables, les banques actuelles constatent que cet effort est resté insuffisant pour assurer un avenir serein dans tous les domaines du business model. C'est dire si la compétition est rude...

 

Notons que le coût du risque est isolé. ce qui permet d'évaluer l'entreprise bancaire hors risques et avec. Nous avons ainsi, sur plusieurs années, la mesure de la capacité de la banque à gérer son risque. Bien évidemment en période de crise, cette ligne de dépense explose, indépendamment des efforts du banquier pour la contenir, et c'est pour cela que les analystes financiers ont l'habitude de souligner que le résultat d'une année n'est pas significatif, tant la banque est soumise aux fluctuations économiques. Il est donc courant de trouver des grandes variations dans le résultat des banques.

 

Notion délicate à expliquer aux investisseurs des banques...